MERCI, Monsieur Défago

Une 12e place. Voilà le dernier résultat de Didier Défago en Coupe du Monde. Évidemment, et tu le sais bien, c’est complètement secondaire. Déf’ a baissé le rideau aujourd’hui sur 19 saisons au plus haut niveau, ponctuées de victoires exceptionnelles. Hommage.

J’ai toujours préféré Robin à Batman. C’est pas que je n’apprécie pas les services que la chauve-souris la plus célèbre du monde rend à Gotham. C’est juste que les efforts que fait son acolyte pour l’aider m’ont toujours impressionné.

J’ai toujours préféré Stan à Rodg’. C’est pas que je ne reconnais pas le talent hors-norme et la classe du Bâlois. C’est juste que la volonté du Vaudois à continuellement travailler pour se surpasser, et ce dans l’ombre de Rodg’, m’a toujours séduit.

J’ai toujours préféré Didier Défago à Didier Cuche. C’est pas que le palmarès exceptionnel du Neuchâtelois me laisse de marbre. C’est juste que Déf’ renvoie cette image du gars humble, mais qui a toujours cru en lui pour jouer les premiers rôles, même quand certains le considéraient comme un simple outsider éventuel.

Alors forcément, quand le Morginois dit au revoir à 19 saisons au plus haut niveau, la larme n’est pas loin. 19 ans… Défago a donc commencé à dévaler les pistes de Coupe du Monde avant que Loic Meillard ne vienne au monde.

Depuis, il a remporté 5 victoires sur le cirque blanc, qu’on pourrait croire triées sur le volet, tant elles sont belles. Les mythiques descentes de Wengen et Kitzbuehel, le Super-G de la station autrichienne, la descente de Bormio et le Super-G de Val Gardena. Sans oublier, évidemment, son titre olympique dans la discipline reine à Vancouver. Un succès symbolique de ce qu’est Didier Défago : un homme qui n’est jamais aussi fort que lorsqu’on ne l’attend pas.

Une constante dans sa carrière. Y compris lors de ces finales de Méribel. Alors que d’aucuns parlaient de la saison de trop, le Morginois, comme un ultime pied de nez, un dernier coup de carre, prend la seconde place de la dernière descente de la saison.

La retraite de Didier Défago est dommageable pour le ski suisse. Il perd l’une de ses figures emblématiques. Un champion au caractère bien trempé, comme on les aime. Mais qui, par exemple, n’aurait jamais craché sur une médaille de bronze aux JO. Question de respect.

Didier Défago va donc manquer au ski suisse. Il va me manquer.

Bon vent Robin. Et merci !